Le Trophée

Attachée à faire dialoguer l’alimentation durable et l’art citoyen, la Fondation attribue avec le Premio Daniel Carasso un trophée réalisé par l’artiste Jaume Plensa. Ce créateur catalan, né en 1955, est aujourd’hui reconnu au niveau international pour ses sculptures et ses œuvres exposées dans l’espace public.

Le trophée, créé spécialement pour le Premio Daniel Carasso, sera remis à partir d’aujourd’hui aux lauréats des prochaines éditions. Pour en connaître un peu plus sur cette œuvre, nous avons interrogé son créateur :

Que signifient le visage de la petite fille et les mains qui le soutiennent en le présentant au monde ? « J’ai toujours pensé que la science, tout comme la poésie, la musique ou l’art en général, est une aspiration de l’être humain dans sa quête permanente de savoir. Une façon de poser les questions fondamentales d’une autre manière. Le visage de la petite fille est la métaphore d’un futur qui naît de nos mains. Un futur que nous devons protéger et nourrir comme ce qu’il y a de plus précieux dans la vie. »

Quel message transmet votre œuvre aux personnes qui reçoivent le Premio Daniel Carasso pour leur implication en faveur de l’alimentation durable ? « Je voulais sans doute que la sculpture soit une célébration et une reconnaissance pour eux. Je suis sûr que les lauréats, qui dédient leur vie à améliorer dans l’ombre celle des autres, sont ceux qui comprennent le mieux le silence, le rêve et le monde intérieur que transmettent les yeux clos de la petite fille. »

Qu’est-ce qui a été votre source d’inspiration pour cette œuvre ? « Depuis ma première rencontre avec la Fondation Carasso, j’ai compris que nous partagions des idées très semblables à propos de notre responsabilité envers la société et le monde. Tout a été très fluide. Le trophée est le fruit de cette complicité et il s’inscrit complètement dans mon travail sur l’être humain. »

Dans votre œuvre, le visage humain est l’élément central. Représente-t-il un repère universel, aussi bien pour l’art que pour la science ? « J’ai toujours été intéressé par la dualité entre le corps et l’âme. Le visible et l’invisible. En symbolique, on dit que le visage est le reflet de l’âme, mais aussi que le visage est l’image la plus précise et parfaite qui puisse recueillir toutes les informations sur la vie d’un être humain dans sa transformation permanente. Un visage, en lui-même, est un document. »

De quel matériau est composé l’œuvre ? Le choix de ce matériau a-t-il une signification particulière ? « Il s’agit d’une résine acrylique avec une charge minérale d’un blanc incroyable. Pour ce projet, le blanc me paraissait indispensable, car davantage qu’une couleur, c’est un espace dans lequel tout reste à définir. »

Comment les thèmes de la recherche scientifique et de l’alimentation durable juste, équitable et saine pour tous, sont-ils liés à vos préoccupations et à votre histoire personnelle ? « Mon travail prétend alimenter l’âme, de ce fait, j’admire et je respecte ceux qui se dédient à alimenter le corps. C’est une association essentielle et merveilleuse : le corps et l’âme. »